Mageia au FOSDEM 2011

Ce week-end se déroulait le FOSDEM, l’un des plus grands évènements européens autour du Logiciel Libre. Comme annoncé plus tôt, l’équipe de Mageia était présente, a donné deux conférences et a tenu sa première assemblée générale, entre autres.

Le FOSDEM a commencé par un dîner improvisé dans une pizzeria (et nous avons eu de la chance d’en trouver une qui accepte un groupe de 10 personnes), suivi d’une rencontre informelle dans un pub de Bruxelles, proche du Manneken-pis, où nous avons discuté de divers sujets techniques comme les différentes variétés de bière, comment faire tourner Meego sur un n900 ou l’absence de gouvernement en Belgique, parmi d’autres. Nous sommes ensuite retournés dans nos hôtels respectifs pour un repos mérité avant le début de l’évènement.

Premier jour

Le premier jour a été l’occasion de discuter et d’installer notre stand. Le lieu de l’exposition est une des particularités du FOSDEM : l’atmosphère est celle de couloirs souterrains, ce qui constitue une différence remarquable avec les sols splendides et illuminés de Solutions-Linux et d’autres lieux de rencontre. Néanmoins, ces couloirs étaient remplis de toutes sortes de projets et de toutes sortes de visiteurs intéressés.

Mageia ne faisait pas exception. Grâce à la générosité des représentants de GNOME, nous avons pu avoir une place parmi les autres projets de logiciels libres, juste après le stand de Fedora dans le couloir principal. Damien avait amené les premières boîtes de T-shirts Mageia pour les vendre aux visiteurs du stand. Nous avons proposé une sélection de T-shirts noirs et blancs (parce que nous croyons au choix) et écrit sur l’étiquette « au moins 10€ » pour un T-shirt. Nous avons également distribué des stickers pour faire connaître Mageia. Les ventes des deux jours au FOSDEM ont rapporté 625€ pour les fonds de Mageia.

Le premier jour a aussi été le moment des présentations entre ceux qui collaborent souvent depuis longtemps mais sans jamais s’être rencontrés en personne. C’était le temps des discussions face à face, des questions et des réponses.

Après une journée épuisante où tout le monde a pris contact et discuté avec de vieux amis ou fait de nouvelles rencontres, nous nous sommes tous retrouvés au dîner Mageia organisé par Anne au centre de Bruxelles.

Deuxième jour

Le FOSDEM n’est pas seulement l’occasion d’avoir un stand et de répondre à des questions sur le projet, c’est également le moment idéal pour faire des exposés à un public technique composé de nombreux passionnés de logiciel libre.

Nous avons eu la chance d’avoir deux occasions de le faire, la première dans la salle « développeurs inter-distribution » le dimanche matin, la seconde dans la salle « développeurs LibreOffice » le dimanche après-midi. Ces deux exposés suivaient le même squelette (celui que Romain a posté sur la liste marketing), mais nous avons décidé de mettre un accent différent sur chacun.

La conférence du matin était plus centrée sur la présentation du projet, suivie des leçons apprises du fork sur un plan technique, comme le problème d’avoir des chemins et des noms codés en dur partout, la difficulté de tout reconstruire depuis rien, et ainsi de suite. Celle de l’après-midi était consacrée à la présentation du modèle de gouvernance du projet et à partager notre travail sur ce point. Les deux ont été bien reçues. Elles ont permis d’établir des contacts intéressants et ont clarifié la situation du projet. Vous pouvez voir la première sur Youtube.

Le FOSDEM était également le moment que nous avons choisi pour la première assemblée générale de Mageia.Org. En dépit de quelques changements de dernière minute dus à un malentendu causé par notre habitude d’utiliser l’UTC en permanence, nous avons réussi à trouver à temps un créneau d’une heure dans une salle libre pour notre assemblée.

Tout d’abord Anne (ennael) a présenté le rapport moral, résumant tout ce que nous avons fait ces derniers mois. Ce fut le tour de Damien Lallement (damsweb) qui présenta le rapport financier explicitant les différentes dépenses passées de l’association et donna une prévision. Pour résumer Mageia a reçu 8833€ de dons et dépensé 3310€ (principalement pour des serveurs et d’autres matériels). Ces deux documents seront également publiés prochainement sur le site web de Mageia.

Le sujet suivant de l’assemblée était l’annonce des résultats de la première élection du Conseil, qui s’est tenue parmi les fondateurs sur Epoll, respectant ainsi une décision prise lors d’une réunion précédente des fondateurs. De cette manière, les résultats ont été mis en ligne en même temps. Le premier conseil comprend 6 personnes :

  • Anne Nicolas (ennael)
  • Damien Lallement (damsweb)
  • Michael Scherer (misc)
  • Romain d’Alverny (rda)
  • Wolfgang Bornath (wobo)
  • Thomas Backlund (t_m_b)

La création du conseil a également été le moment que nous avons choisi pour créer la clé de chiffrement qui sera utilisée pour signer nos logiciels, nos paquets et nos images ISO. Nicolas Vigier (boklm) et Michael Scherer (misc) ont créé et divisé la clé principale entre les membres du conseil, en utilisant un système dernier cri de chiffrement qu’ils détailleront dans un article ultérieur du blog.

Lors de la réunion constitutive du nouveau conseil, Anne Nicolas a été reconduite comme présidente de l’association. Damien Lallement a été également reconduit comme trésorier et Michael Scherer a été choisi comme secrétaire de l’association.

Conclusion

Comme tous les ans, le FOSDEM a été une grande expérience pour tous les participants, un moment de relance dans l’année où nous pouvons pleinement sentir l’esprit de collaboration qui rend le logiciel libre aussi unique. Pour Mageia, cet évènement deviendra sûrement un rendez-vous fixé chaque année pour se rencontrer, récapituler, regarder vers l’avenir et tenir notre assemblée générale annuelle.

Publié en anglais par wobo, traduction par Jehane, relecture par Rémi.

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Bootstrap ? Quel bootstrap ? Je veux une ISO de Mageia !

Nous avions annoncé que notre première image ISO alpha serait disponible fin janvier… et toujours pas d’ISO disponible. Bon sang ! Que se passe-t-il ? Je vais vous l’expliquer.

Il était une fois un bootstrap

Comme nous l’avons rapporté dans les articles précédents, notre build-system a été en intense activité pendant les dernières semaines et plus de 4000 paquets ont déjà été construits. Cet ensemble de paquets constitue ce que nous appelons un bootstrap.

Si vous regardez sur Wikipédia, vous verrez qu’un bootstrap est un petit programme d’amorçage qui permet d’en lancer un plus gros. Dans le cas de Mageia, ce concept désigne l’étape actuelle dans laquelle le système de base et les dépendances principales sont construits pour que toutes les applications puissent ensuite l’être à partir des propres outils et paquets de Mageia. Toutes les distributions Linux utilisent leurs propres paquets pour construire tous les paquets disponibles dans leurs dépôts.

C’est maintenant qu’arrive la partie la plus complexe de l’histoire, un peu comme le dilemme de l’œuf et de la poule. Certains paquets de bas niveau, souvent appelés outils de développement, ont besoin d’eux-mêmes pour être compilés : gcc, glibc… Ces paquets existent déjà dans beaucoup de distributions, c’est pourquoi le bootstrapping commence en se basant sur l’une de ces distributions.

Dans le cas de Mageia, nous avons choisi d’utiliser les paquets de Mandriva puisque la première release est basée sur Cooker. Pour pouvoir les utiliser, nous avons dû les nettoyer :

  • en retirant les éléments spécifiques à Mandriva (macros RPM, objets sous copyright comme des images ou des icônes, éléments dépréciés) ;
  • en retirant les conditions non nécessaires dans la définition des besoins pour la construction ;
  • en envoyant des patchs en amont, de sorte que nous n’ayons pas besoin de les maintenir alors qu’ils peuvent profiter à tous si les auteurs les acceptent ;
  • en désactivant temporairement certaines dépendances de haut niveau car elles ne sont pas encore construites et disponibles pour Mageia (Java, Mono).

Une fois ce travail effectué, chaque paquet est prêt à être reconstruit sur le build-system de Mageia. Dès qu’un paquet est reconstruit en tant que paquet de Mageia, le packager doit vérifier et, si nécessaire, ré-ajouter les dépendances additionnelles lorsqu’elles sont disponibles.

Prenons un exemple

GCC est un compilateur de C, et est une partie importante du système de base car de nombreuses applications en ont besoin pour être construites à partir de leurs sources.

Mageia a besoin d’avoir son propre paquet de GCC pour générer toutes les applications utilisant le langage C (aussi appelé dogfooding en anglais, ce qui désigne une entreprise utilisant ses propres produits). C’est une opération cruciale pour Mageia car, en la réalisant proprement, on s’assure que tout fonctionne et on peut en même temps lister et corriger les problèmes potentiels. Le GCC de Mageia est alors généré.

Une fois la construction de l’outil de développement terminée, nous pouvons reconstruire le noyau de Mageia, les pilotes X, le serveur X, etc. et les applications de plus haut niveau. Dans l’état de bootstrap, un système n’offre aux packagers que quelques bibliothèques et un compilateur. Il a alors besoin d’être complété par des paquets système importants avant que l’équipe des packagers soit capable de débuter son travail pour de bon. De nombreux paquets requièrent des dépendances qui elles aussi nécessitent d’autres dépendances pour être construites.

Au final, des milliers de paquets sont nécessaires pour construire les composants majeurs qui seront utilisés par les applications de haut niveau.

Bien évidemment, c’est une version simplifiée de l’histoire, sans toutes les choses amusantes qui peuvent se produire pendant le processus de reconstruction. Mais c’est l’idée générale.

Pourquoi le bootstrap est-il si important ?

Nous avons déjà dit que le bootstrap est une étape durant laquelle des packagers et des spécialistes du système de base peuvent passer du temps à vérifier la cohérence des éléments de très bas niveau de la distribution, à nettoyer les paquets et à s’assurer de leur compatibilité avec la politique de Mageia. Le bootstrap n’est donc pas uniquement dédié aux personnes intéressées par les forks :).

À propos, l’amélioration et l’écriture d’une documentation correcte sur le bootstrap sera d’une grande aide lors de l’ajout du support de nouvelles architectures. Il faudra un outil de développement convenable, un système de base… C’est la même histoire.

Des ISO !

Revenons à notre question initiale : pour quand peut-on espérer la première ISO de test ? L’étape de bootstrap a commencé il y a un mois et devrait se terminer demain. Il aura fallu environ 1500 heures pour construire les paquets disponibles, en comptant les constructions réussies mais aussi les échecs, les reconstructions, la prise de décisions techniques, les problèmes inattendus, les discussions…

Et maintenant, nous voilà :). Le dépôt est prêt pour les premiers essais de construction, notre machine de build pour les ISO est complètement configurée et la version Alpha1 est attendue pour le 15 février. Vous aurez bientôt plus de nouvelles sur la future feuille de route, alors restez connectés !

Publié en anglais par ennael, traduction française par Rémi, relecture par Jehane

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À bientôt au FOSDEM

Ce week-end, une vingtaine d’entre nous va se joindre à la fête et participer au FOSDEM à Bruxelles (cf. nos notes de préparation).

Nous donnerons deux conférences à propos de Mageia dimanche, en plus d’autres discussions géniales et réjouissantes :

  • à 10h30 dans la salle de développement CrossDistro (H.1302) ; celle-ci portera principalement sur les aspects techniques du projet ;
  • à 16h30 dans la salle de développement LibreOffice (H.2214) ; celle-là se concentrera plus sur les éléments d’organisation et de gouvernance.

De plus nous tiendrons notre première assemblée générale dimanche à 14h30 (le lieu de réunion n’a pas encore été déterminé).

Nous espérons vous y retrouver, n’hésitez pas à venir nous voir si vous avez toutes sortes de questions sur le projet et son déroulement.

Belgique, nous voilà !

Mise à jour : Retenez le chiffre 5. Nous en reparlerons dimanche.

Mise à jour (2) : l’Assemblée Générale se déroule en ce moment (13h) salle AW 117. (Jehane)

Publié en anglais par rda, traduction française par Rémi.

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De retour de la rencontre sur les gestionnaires d’applications

L’une des valeurs sous-jacentes les plus importantes du logiciel libre en général, et de Mageia en particulier, est la collaboration. Collaborer avec les utilisateurs pour résoudre des problèmes, collaborer avec des développeurs pour diffuser leur logiciel, mais aussi collaborer avec d’autres distributions en partageant des stands, des patchs, du code et plus encore.

Animé par cet esprit de collaboration, je suis allé à Nuremberg avec Stormi (packager et fondateur du projet Mageia-app-db) et Nanar (le gérant de nos miroirs, à qui l’on doit Sophie et de nombreux autres logiciels), où nous étions invités par Vincent Untz, qui travaille sur OpenSuse et GNOME. Le but était de participer à une rencontre inter-distribution de trois jours parrainée par Novell, traitant des gestionnaires d’applications, partager notre expertise dans ce domaine et donner notre point de vue sur le projet. Un grand merci à eux pour avoir organisé cet évènement et avoir financé la participation  de certains d’entre nous.

Nous avons été rejoints par des gens de Fedora, OpenSuse, Debian, Ubuntu et KDE, comme c’est expliqué sur la page wiki du congrès.
Le sujet peut paraître particulièrement ambitieux, et il l’était, mais nous sommes  tout de même parvenus à nous mettre d’accord sur un ensemble de standards communs, comme il est brillamment expliqué dans les nombreux comptes rendus faits par d’autres participants tels que Enrico Zinni et Richard Hugues.
Pour résumer (et merci à Richard Hugues qui a fait tout ce travail avant moi, si bien que je peux me baser sur le billet de son blog), divers logiciels nous ont été présentés, tels que Package Kit, Ubuntu software center, Debtags, et OCS pour n’en citer qu’une partie. Nous nous sommes ensuite concertés pour décider de ce qui serait nécessaire pour pouvoir partager diverses métadonnées (captures d’écran, commentaires, etc.), et avons amorcé la rédaction d’une spécification et de divers documents, comme vous pouvez le voir sur le résumé final du meeting. La page wiki comprend aussi une bonne documentation à ce sujet.

Maintenant, la question importante est de voir ce que cela va signifier pour nous. Avant tout, nous pensons qu’il s’agit d’une avancée importante pour le logiciel libre et pour Mageia. Cependant, je n’ai pas prévu de faire adopter ce projet sans discussion préalable avec d’autres membres, bien que je sois plutôt confiant vis-à-vis des bénéfices pour Mageia du travail qui va être effectué dans les prochains mois. Parmi ces nombreuses tâches, nous aurons de la programmation python/php/perl (du côté de PackageKit, de Mageia-app-db ou d’Ubuntu software center), du packaging, et peut-être plus tard de l’administration système. Aussi, si vous voulez aider en participant au projet, ou si vous avez des questions, nous aborderons tout cela lors de la réunion hebdomadaire des packagers le 26/01/2011 sur le canal IRC #mageia-dev de Freenode.

Publié en anglais par misc, traduction française par Rémi, relecture par Jehane et Julia.

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Mageia rejoint l’Open Invention Network

Mageia.Org vient de rejoindre l’Open Invention Network comme titulaire de licence.

Les brevets logiciels sont une menace pour le développement des logiciels libres open source et pour la libre innovation de façon plus générale.

Le but de l’OIN est de minimiser/éliminer les menaces des brevets logiciels à l’intérieur de l’écosystème Linux. Cela permet de garantir la confiance, l’innovation libre et la croissance à l’intérieur de la pile Linux en prenant une position collaborative et défensive contre les brevets logiciels.

L’OIN fournit à ses membres et titulaires de licence les moyens de :

  • établir des licences réciproques entre eux, gratuitement, de leurs brevets relatifs à Linux ;
  • bénéficier du groupe de licences appartenant à l’OIN ;
  • rassembler les forces et se défendre contre les menaces de brevet logiciel.

Bien que cela ne résolve pas la question des brevets logiciels, c’est une grande aide pour se défendre contre ce type de menace. Mageia.Org s’attache à comprendre, concevoir, expérimenter et publier des logiciels pour donner plus de pouvoir aux gens dans leur vie quotidienne ; les brevets logiciels ne sont pas une aide dans cette optique. Ainsi nous accueillons avec plaisir l’OIN et toute autre initiative qui pourrait aider à réduire l’impact et les abus des brevets logiciels.

Les membres de l’OIN comprennent Sony, IBM, NEC, Red Hat, Philips, Novell. Parmi les licenciés de l’OIN, on trouve Canonical, Fluendo, GNOME, Google, KDE, Mozilla, OpenMoko, Oracle, Tom Tom, et beaucoup d’autres.

Notez que l’OIN n’est pas seul, n’est relié qu’au système Linux et n’est pas le seul moyen de faire taire les brevets logiciels là où ils sont effectivement valides, voyez :

Publié originalement en anglais par rda, traduction française par Jehane, relecture par Rémi.

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